lundi 9 mars 2009

On s'la coule douce en colloque (1)

Moi, j'aime les colloques. J'ai plusieurs raisons d'aimer les colloques, et elles sont toutes bonnes.

D'abord, un colloque, c'est loin.

Bon, pas forcément les Bahamas non plus, mais loin. Inaccessible même. Ce qui fait que tu dois arriver la veille du début, et même des fois partir le lendemain de la fin. Donc si tu calcules bien tu commences et tu termines par une Bonne Grosse Nuit à roupiller à l'hôtel, aux frais de la Péqueresse! C'est pas joli ça?…
Oui, il arrive que ça ne soit pas aux frais de la Péqueresse. On m'a raconté que des scientifiques étaient financés par leur labos pour aller assister à des colloques, mais j'ai pas voulu le croire! Nous, on a de la moralité: les labos, en Lettres, ils ne nous paient pas le roupillon. Ils paient le roupillon de ceux qu'on invite. C'est plus élégant, je trouve. A charge de revanche. Un colloque, ça se rend.
Donc, si tu as de la chance, la Bonne Grosse Nuit d'hôtel du début, et la Bonne Grosse Nuit d'hôtel de la fin, elles te sont financées par la fac qui t'invite. Autant en profiter à fond. Moi, j'essaie d'arriver vers les 5 heures de l'après-midi, histoire de jouir convenablement de toutes les commodités. Et je ne dis rien du trajet en train: avec un peu de chance là encore, tu fais le trajet en Corail, ça te met dans les 4 ou 5 heures de chemin de fer, pain bénit pour l'hypertrichose!

Dit comme ça, évidemment, ça risquerait d'attirer vers la profession des hordes de va-nu-pied… Mais si on regarde dans le détail, tu dois quand même un peu payer de ta personne.

Le tarif de base, c'est de faire une "communication". Avec un peu de chance, ou un peu de métier, tu choisis les colloques stakhanovistes, ceux où la causerie de chacun ne dure pas plus de vingt minutes. En tirant bien, tu peux descendre à 15 et suggérer des commentaires (dans ce cas, c'est pas mal d'avoir distribué discrètement quelques questions à des copains répartis dans la salle, ça te permet de briller tout en prenant un air pénétré juste avant de répondre). L'ennuyeux dans l'affaire, c'est que ça ne s'improvise pas totalement. C'est même un peu longuet, comme affaire, si on y réfléchit bien.



(à suivre)

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